Robert Plant

Video

 

robert plant kaai Trial from Bulourde Gaetan on Vimeo.

 

 

robert plant kaai final - Wi-Fi from Bulourde Gaetan on Vimeo.

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Robert PLant FR (ci dessous )

 

Sans titre-1

 

 

 

 

 

 

Robert et la plante

Robert Photo page 1

 

 

Tout a commencé le 1er décembre 2010 vers 10h. J'étais dans mon garage en train de mettre de l’ordre sur des étagères que j’avais fixées aux murs quelques jours auparavant. Ceci terminé, je redémarrai la voiture que j'avais déplacée pour avoir le champ libre, et la radio, instantanément se met en marche. J'entends alors une émission sur les Troubles Obsessionnels Compulsifs(TOC) et plus précisément le passage où l'un des invités nous parle du “test de l'ours blanc”. Ce test propose aux personnes qui s’y soumettent de parler pendant cinq minutes de tout ce qui leur passe par la tête avec pour seul interdit de ne pas parler d'un ours blanc. L’invité de l’émission constate ainsi que la parole de chaque participant tourne autour de l'ours blanc en empruntant divers détours tel que la banquise, l'antarctique, le froid, les ours bruns et autres subterfuges. Il déduit de ces observations que l'idée obsédante se fixerait d'autant mieux que l’on tente d’y résister… Cette émission me reste profondément présente à l’esprit jusqu’au lendemain, le 2 décembre quand je prends le temps de l'écouter en entier après l’avoir podcastée. À peine mon écoute terminée mon ami Ive Stevenheyden m'appelle pour m'inviter à une soirée Fluxus qu'il organise et durant laquelle il y aura, me dit-il, la projection d’un film de Robert Filliou. J’ai pour Robert Filliou, une obsession quasi compulsive et je me rends donc à cette soirée avec le plus grand intérêt. Avant le film de Robert Filliou, nous assistons à un concert de guimbarde par Anton Bruhin,maître suisse de cet instrument dont j’ai moi même, une petite collection. Le film alors commence… Voici donc Filliou, Robert de son prénom qui devant nos yeux décline son principe d'équivalence, Bien fait = Mal fait = Pas fait. Principe dont j’ai moi même usé dans une performance intitulée "Tous les objets qui servent à enfoncer les clous ne sont pas des marteaux". Ce principe est des plus simple : Vous réalisez n’importe quel objet que vous pouvez considérez comme bien fait. Vous réalisez ensuite ce même objet mais cette fois mal fait, puis enfin pas fait. Une fois ces trois objet réalisés, ceux ci composent alors un nouvel objet que l’on peut considérer comme bien fait et donc décliner selon le principe d’équivalence qui porte également le nom de principe de création permanente. Dans cette vidéo, l’objet “bien fait” de Robert Filliou est une action qui se déroule ainsi : Il se tourne vers sa gauche et dit “Welcome” avec des gestes de bienvenue, puis se tourne de l'autre côté et dit “Farawell” avec un signe d'adieu. Alors se succèdent les différentes déclinaisons de cet objet, où l’action, le ton, le cadre et la lumière se modifient selon qu’il soit bien fait, mal fait ou pas fait. Robert Filliou est accompagné, dans cette vidéo, d'une plante géante. Une plante qui est très probablement un caoutchouc avec de très grandes feuilles, une plante comme on voyait beaucoup dans les années 70. Une plante qui littéralement crève l'écran, de manière époustouflante… Évidement je n'arrive pas à m’ôter cette plante de la tête de toute la soirée.. Rentré chez moi, je tente d'écrire un texte intitulé “tentative d'évitement de la plante verte”. Mais certainement trop prévenu par l'émission sur les TOC ça ne me convainc pas complètement jusqu'au moment où encore éveillé je pense à Robert Plant le chanteur de Led Zeppelin. J'avais trouvé là, l'argument de ma nouvelle pièce et au lieu d'une idée fixe j'en avais deux : la plante verte et la déclinaison des Robert.

 

 

Des Robert et des plantes

raobert photo 3

 

 

J’ai donc orienté ma recherche parallèlement dans ces deux directions, suivant également en cela la proposition alternative de Jacques Van Rillaer, l’invité de l’émission sur les TOC dont je parlais plus haut, qui suggérait afin de sortir du cercle vicieux du test de l’ours blanc, d’associer une autre image - en l’occurrence celle d’une voiture rouge - à chaque fois que surgissait l’image mentale de l’ours blanc. Pour cela, j’ai d’une part entamé une documentation sur des Robert qui me venait spontanément à l’esprit comme Robert Filliou, Robert Plant, Robert Smith, Robert de Niro, Roberto Begnini, Robert Desnos, Robert Mitchum, Bob Dylan, Bob Marley, Robert Morris, Bob Wilson, Bob Fosse, Bob Geldof ou encore Robert Frost et tout texte, anecdote, œuvre, action qui pouvait leur être associé que ce soit des chansons, des tirades de films, des poèmes formant à la fois un sous-texte et un méta-texte pour la future performance. Puis, d’autre part j’ai amorcé une série d’interview auprès d’amis plus ou moins proches, pour les interroger sur les rapports qu’ils pouvaient entretenir avec leur plante verte, et qui seront autant d’interventions parallèles durant la performance à venir.

Des Robert

De la matière textuelle rassemblée jusque là sur les Robert émergent trois grands axes sur lesquels je vais également appuyer ma recherche. Un premier, orienté vers une définition de l’individu, une quëte d’identité a l’instar du personnage incarné par Robert de Niro dans Taxi Driver qui écrit dans son journal intime:

“All my life needed was a sense of some place to go. I don’t believe that one should devote his life to morbid selfattention. I believe someone should become a person like other people” (Tout ce dont ma vie avait besoin était le sentiment d’un endroit où aller. Je ne crois pas qu’on doit consacrer sa vie à un égocentrisme morbide. je crois que chacun se doit de devenir une personne comme les autres).

Le deuxième axe serait quant à lui, plutôt tendu vers une rencontre de cet individu avec l’altérité. Je pense notamment au texte de “Could you be loved” de Bob Marley ou encore à la chanson “ Inbetween days ”de Robert Smith chanteur de The Cure:
“ And I know I was wrong
When I said it was true
That it couldn't be me and be her
Inbetween without you
Without you”
Puis enfin un troisième axe qui serait le rapport et l’interaction de cet individu avec l’environnement dans son ensemble et la nature en particulier dont on retrouve l’écho dans le poème de Robert Frost“ the road not taken” ou encore dans la chanson de Led Zeppelin “Stairway to heaven”:
“In a tree by the brook
There's a songbird who sings
Sometimes all of our thoughts are
Misgiven”

Des Plantes

Ces trois grandes lignes se retrouvent par ailleurs dans le second volet de ce projet que constituent les interviews sur les plantes. En effet, à travers une parole uniquement captée en audio on peut entendre le témoignage d’un rapport intime au monde à travers la relation aux plantes d’intérieur. Je souhaite conserver le caractère audio de ces interviews afin de préserver la distance et l’espace nécessaire à cette parole. En effet, ce défaut d’images me semble offrir un espace plus large à l’auditeur/spectateur dans lequel il peut construire et faire résonner ses propres images. C’est pourquoi je souhaitais aborder ce versant du projet à la manière d’un projet radiophonique que j’ai proposé à Arte Radio avec lequel j’ai déjà collaboré en 2009. Ce matériel sera ensuite insufflé dans le cours de la performance en alternance avec des actions performatives.

Une performance

Le travail du son, très souvent récurrent dans mes pièces, apparaît à nouveau extrêmement présent dans ce projet. Pour ce dernier, j’aimerai faire appel à Fred Bigot, musicien et compositeur avec lequel j’ai déjà collaboré afin de réfléchir aux textures sonores et notamment afin de travailler à un traitement de la voix qui suivrait la multiplicité des Robert qui seront “représentés” durant la performance. Il m’apparaît, en effet essentiel de témoigner dans le déroulement de la performance, du caractère protéiforme du même Robert à travers toutes les différences que confèrent les noms de famille à ce prénom, et ceci par le biais d’une grande variété d’outils de représentation. Parmi ces Robert, il y a ainsi des chanteurs, des poètes, des comédiens, des écrivains, des artistes de tout médias qui seront autant de sources de matériel performatique. Et c’est bien ce caractère multiple et protéiforme que vise à souligner ce projet à travers la déclinaison sur deux plans du même et du pas pareil.